

On parle, d’une toute première chapelle en 1926 déjà, mais aucun document officiel ne certifie son existence. Pourtant, il est certain qu’à cette date le village de Trient était suffisamment peuplé pour compter une chapelle. Par contre, le plus vieux document est un acte de donation daté du 15 juin 1574. Une mention officielle de 1648 parle de la première chapelle fondée par les Triennards ; elle était dédiée à Saint-Pierre-Aux-Liens, Saint Joseph et Saint Ours.
Pendant très longtemps, on n’y célébra que des messes occasionnelles...
Un Rectorat est fondé le 15 juin 1827, et le 23 novembre 1868 celui-ci est érigé en paroisse. La chapelle devient donc église paroissiale. Sous l’impulsion du chanoine Etienne-Martin Métroz est construite l’église actuelle de 1888 à 1892. Sa consécration eut lieu le 15 juin 1893, par Mgr. Paccolat. Elle fut dédiée à Saint-Bernard de Menthon.
Plusieurs desservants de la paroisse se succèdent, parmi eux, le curé Maurice-Antoine Ribordy, (1917-1927) qui peint le tableau du maître-autel représentant st Bernard et met en place les vitraux offerts. Les quatre vitraux de la nef (ste Thérèse, st Maurice, st François de Sales et st Théodule) datent de 1926. Ils proviennent de la maison Balmet L. à Grenoble. Martigny offre les deux autels latéraux, dont l’un est de la Renaissance. Chacun de ces deux retables possède aujourd'hui une toile de Marie Gailland, datant de 1989. A la demande du curé Gabriel Pont, les vitraux du chœur et des transepts (Sacré-Cœur, la Vierge Marie, st Bernard, st Pierre et st Joseph), ont été placés durant la construction. Le curé Joseph-Simon Délèze (1927-1944), participe en 1932 à la rénovation de l’intérieur (peinture de la voûte du chœur avec le décor des quatre Evangélistes, par Mr. Pierre Faval de Martigny). En 1959, c’est au tour de l’extérieur avec le curé René Bossetti (1959-1969), qui établit également l’électrification des cloches en 1963, et participe à la construction de la nouvelle cure.
Au fond de l’église se trouvent deux témoins du passé :
- à la tribune, un calvaire baroque avec le Christ en croix, Marie et Jean
- près de la porte, le buste du constructeur de l’église, le curé Métroz. On y fêta son centenaire, le 15 août 1968, fête de l’Assomption, sous l’impulsion de l’Administration communale
Le chœur est orné de peintures murales représentant les quatre évangélistes.
Le patron de nos montagnes, fêté le 15 juin
« L’Esprit du Seigneur est sur moi, car il m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la bonne nouvelle aux pauvres, panser les cœurs meurtris, annoncer aux captifs la délivrance et aux prisonniers la liberté. » Is.61
Bernard de Mont-Joux naît autour de l’an 1000 dans une famille noble. Il y reçoit une solide et profonde éducation chrétienne grâce à laquelle il répond à l’appel du Christ en choisissant de se tourner vers le service des plus pauvres. Il se défait ainsi de la vie facile et aisée que lui assurait sa naissance pour défendre la liberté de sa vocation auprès des plus pauvres.
L’évêque d’Aoste le nomme archidiacre. Son principal ministère est alors la prédication et le soin aux pauvres. C’est ainsi qu’il se trouve en contact avec les pauvres voyageurs qui arrivent par le Mont-Joux, dépouillés et épuisés de fatigue.
Pour se ressourcer et approfondir son intimité avec Dieu dans une libération intérieure, il part affronter la solitude sauvage de la montagne. Au col du Mont-Joux, lieu de prières et de sacrifices depuis l’antiquité, il pose les fondements de l’hospice et y établit une communauté de religieux chargée de la louange divine avec pour devise : « Ici le Christ est adoré et nourri ». Bernard dépouille ainsi le lieu de tout faux geste adorateur et païen.
Les religieux ne se contentent pas de louer le Seigneur. Leur prière trouve son accomplissement dans la pratique de l’hospitalité, plus encore, en allant sur les chemins à la rencontre et au secours des voyageurs pris dans les tourmentes de la montagne.
La charité, l’amour du prochain vont au-devant des voyageurs… Bernard et ses compagnons ouvrent donc des pistes, plus loin, plus haut. Chaque jour, deux guides s’en vont de chaque côté de la montagne à la rencontre des démunis.
En chacun d’eux, c’est le Christ qu’ils nourrissent, relèvent, secourent, accueillent au fil des jours, au fil des siècles.
Ainsi, Bernard devient le patron des alpinistes, de ceux qui vont toujours plus haut, qui prennent des initiatives. Il est en effet le premier à oser arracher la montagne aux superstitions, aux mythes effrayants et c’est lui qui organise le premier service de secours en montagne. De la montagne, il fait une école de la vie où l’homme prend la mesure de son existence en Dieu, de la beauté de la création, où il se dépasse, se dépouille, se recueille, le regard toujours accroché au plus beau des sommets.
Modèle des guides, Bernard nous rappelle combien il est important de marcher, grimper avec ceux qui désirent se mettre en route au sens propre comme au sens figuré pour aller jusqu’au Sommet, là où Dieu se fait entendre dans la brise.
Son ascension dans la vie s’achève à Novare le 15 juin 1081.