

C'est en 1747 que Bovernier devint une paroisse indépendante. Sa fondation s'est constituée en deux étapes : la première a été l'arrivée de son premier curé, le chanoine Nicolas Joseph Champlot (originaire de St-Ours en vallée d'Aoste) qui inaugura les offices paroissiaux le 27 mai et, la seconde, le décret de l'évêque de Sion du 8 novembre.
La chapelle avait alors 300 ans et devenait trop étroite pour contenir tous les paroissiens. Il était urgent de bâtir une église. Sa construction débuta par la bénédiction de la première pierre le 6 mai 1748. Quatre ans de labeur firent surgir du sol une église à une nef de style baroque. C'est le 30 décembre 1751 que fut bénite la nouvelle église et seulement le 17 janvier 1752 que fut célébrée la première messe, en la fête de St-Antoine. C'est au cours de sa visite épiscopale le 14 juin 1755 que Monseigneur Hildebrand Roten, évêque de Sion, consacra notre église. (dédicace)
Pour un historique plus détaillé
L’année et l’endroit de sa naissance nous sont malheureusement inconnus. Après le massacre des martyrs d’Agaune, Théodule ou Théodore (nom sous lequel il est également connu) fit relever les corps et les ensevelit dans un caveau au pied du rocher. Il construisit en leur honneur une chapelle située au pied de la falaise. Des fouilles opérées sur l’emplacement des anciennes basiliques de Saint-Maurice ont mis au jour les fondements de cette première église.
Théodule, premier évêque du Valais, est désigné comme évêque d’Octodure. Il est présent au Concile d’Aquilée, en 381, où il intervient pour demander la condamnation de deux évêques ariens : Pallade et Sécondien.
Les multiples miracles et légendes mis à son compte semblent prouver qu’il a déployé une intense activité missionnaire. Saint Théodule est l’évêque modèle, a la foi assurée et attentif aux besoins de ses diocésains. Il protège notre paroisse de Bovernier tout en étant également Patron du diocèse de Sion.
Saint Antoine (patron secondaire)
Le 17 janvier, nous fêtons saint Antoine, le Grand, le Vieux, l’ermite, mort à plus de 100 ans en 356. C’est le Père des moines. En effet, il s’était retiré dans le désert pour chercher Dieu. Il est devenu un ami de Dieu, célèbre loin à la ronde en raison de sa piété et de la sévérité de son mode de vie. Il est souvent représenté avec un petit cochon, de cette vieille race de cochons noirs de chez nous – qui étaient cardiaques et ne supportaient pas le bruit du tonnerre sans trépasser – pour manifester que St Antoine est patron du bétail, des éleveurs et amis des bêtes.
A Bovernier, St Antoine est le patron secondaire de la paroisse, à côté de St Théodule. L’Antonia, le chœur d’hommes l’a ainsi pris pour patron et protecteur, afin d’être porté par le souffle de sainteté de ce céleste protecteur.
St Antoine était un ascète heureux, mangeant et se lavant rarement, tout occupé au combat spirituel et à la recherche de Dieu. Pourquoi le choisi comme protecteur ? Est-ce la raréfaction du soleil durant l’hiver qui a donné aux Bovernions l’idée de choisir un saint bien avec Dieu, afin de supporter dans la joie cette pénitence ? Est-ce pour se motiver pour les pénitences de Carême, gardant St Théodule et son vin pour les dimanches et autres jours de l’année ? Est-ce pour avoir longue vie ? Est-ce pour devenir de vrais sages sachant vivre le moment présent dans toute son intensité ? Probablement un peu de tout cela.
Contemplons le tableau de St Antoine de l’église paroissiale pour trouver les raisons du choix de ce saint. Entre les pierres, nous ne voyons que trois touffes d’herbe rare : la dureté de la vie et les temps de sécheresse illuminés par la vie. La longue barbe du saint : la sagesse tranquille. Le chapelet et la bible à la ceinture : prendre avec soi Dieu, Marie et tout le ciel pour illuminer notre quotidien. Un petit bâton avec deux clochettes : le bâton du pestiféré, signalant que comme les malades contagieux, St Antoine s’est éloigné de la vie du monde, mais pour chercher Dieu. Une longue route sinueuse : le chemin de la vie qui conduit jusqu’en la demeure, le Ciel.
Bovernier a interprété à sa manière le bâton à clochettes et la route : Pour aller jusqu’au ciel, nul besoin de chasser les voisins pour faire un grand silence, mais sonnons les cloches pour inviter les amis et les voisins pour fêter le don de la vie, pour s’encourager à avancer joyeusement sur le chemin du bonheur. La route est longue, alors autant parcourir le chemin ensemble. C’est cela que nous appelons une tradition vivante : les saints du passé m’invitent à vivre le présent au mieux, pour désirer avancer sur le chemin de la sainteté.
Chne Jean-Pierre Voutaz