

La tentation du « veau d’or » est permanente. Le Peuple de Dieu, à peine libéré de l’esclavage d’Egypte, y revient de cœur au moment où il construit ce « veau d’or ». En se bouchant les oreilles, ce Peuple manipule son Dieu pour le réduire à sa petite mesure humaine. Se faire un dieu à son image, voilà bien la tentation idolâtrique de toujours !
Aujourd’hui, nous connaissons bien ces idoles qui conduisent notre monde à sa ruine : profit et rendement à tout prix, avoir toujours plus, libéralisme économique sans limites… Les idoles sont toujours assassines et finissent par nous détruire.
La conception que les « croyants » se font du rapport économique a une grande importance sur la vie « en communion » : cf. la vue panoramique de la communauté nouvelle que nous donnent les Actes des Apôtres en Ac. 4, 32-35 ! L’échange économique doit substituer à la figure mensongère de l’argent et de la propriété fermée sur elle-même, des rapports vrais entre personnes et groupes. Le lien nécessaire et naturel entre les hommes n’est pas la relation marchande, mais bien une relation où la personne humaine est reconnue dans sa vraie grandeur : la mesure de l’homme est celle du Fils unique et bien-aimé du Père. Dans cette optique, le partage des biens « selon les besoins de chacun » est une composante essentielle de la communauté chrétienne, née au jour de la Pentecôte dans le dynamisme du Ressuscité. L’avenir de nos communautés chrétiennes est étroitement lié à l’image que nous nous faisons de notre Dieu et, dans une dépendance intrinsèque à cette image, aux relations que nous allons entretenir au sein de nos communautés.
Bernard Gabioud
| Dernières mises à jour | ||||||||||
|