

Dès ce moment, elle est saisie dans le rayonnement de Celui qui va
donner sens à toute sa vie : Jésus ! Je voudrais tant que
l’Église – et, en son sein, chacune/chacun de nous, à commencer
par moi-même – vive l’Évangile à la manière de Marie.
Une Église mariale va suivre Marie pour aller à la rencontre de la vie. Comme Marie, qui a couru à travers les montagnes de Judée pour aller servir sa cousine Élisabeth, âgée et cependant enceinte, l’Église mariale va être toute à l’affût de ce qui germe, de ce qui naît dans le cœur des hommes et des femmes vers lesquels elle se doit d’aller aujourd’hui. Une Église mariale veut toujours être plus prompte à écouter qu’à parler, à pardonner qu’à juger. Elle n’a de leçon à donner à personne. Elle veut surtout être disciple de son bien-aimé Seigneur.
Une Église mariale sait que Dieu a des entrailles de Mère. Elle a été mise dans la confidence de ce Père d’ineffable tendresse, qui court à la rencontre de son fils prodigue qui revient de sa longue errance. Elle a compassion de tout ce qui est blessé et fragile dans l’humain. Elle n’étouffe pas la mèche qui fume encore ; bien au contraire, elle répand sur elle, avec douceur, le Souffle de l’Esprit qui l’habite. Elle aime avec prédilection les plus petits et les plus blessés de ses enfants. Mais elle a aussi souci de celles et ceux de ses enfants qui, trop imbus de leur propre justice, se permettent de juger et d’exclure celui ou celle qui ne leur ressemble pas.
Une Église mariale ne cesse d’œuvrer à l’unité et à la communion de tous ses enfants. Elle n’a de cesse de leur faire entendre la Parole qui a pris chair en elle. Elle voudrait entraîner l’humanité entière dans son « Magnificat », pour la louange et la gloire de son Dieu qui n’est qu’Amour et Tendresse.
Dans sa maison, on respire le bonheur et la paix… la paix de Celui qui est le secret de sa vie : le Ressuscité du matin de Pâques !
Chanoine Bernard Gabioud
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